Le verre de l’Apocalypse
Op 14

suivi du
Discours de bienvenue à l’occasion de son entrée à l’Académie Centremont



Pasted Graphic

- Chapitre 1 Le verre de l’Apocalypse
- Chapitre 1I
La Bérésina
- Chapitre 1II
Jolene et moi
- Chapitre 1V
Le jupon
- Chapitre V
Ne m’appelez plus jamais France

Quatrième de couverture :

Pasted Graphic 1
Starring

Giroflée de la Raverette
Jolene de la Raverette
Erin Truffe de la Côte d’Armor
M. Chirac as himself
M. Sarkodile as himself
and
Miss Jument de Séville as Patienc
e

Seconde partie (texte intégral)

ÉLOGE DE LA JUBILAIRE



Et accessoirement

Discours de bienvenue
à l’occasion de son entrée
à L’Académie de Centremont





Mesdames et Messieurs les titres mentionnés, Mesdames et Messieurs les représentants des pays d’alentour, vous autres femmes merveilleux printemps (et pourtant parfois mon automne), Grrrrandes Bêtes de la Montagne triangulaire ainsi que celle venue de la côte d’Armor, Mesdames et Messieurs les titres oubliés, pique-assiette et personnages de moindre envergure, sachez que :
L’on me décerne l’honneur et la lourde tâche de faire ici l’apologie d’une jeune fille de qualité, il n’en est qu’une sinon ça se saurait. Qui me décerne cet honneur ? Moi, parbleu, ainsi que l’Académie de Centremont que vous connaissez bien, vous avez parcouru ses corridors, connu ses enfilades de salons à la parisienne, entendu les échos de toutes les âmes qui y sont venues et ont élu domicile dans cette ancienne forteresse, dans ses murs et fondations. Ce n’est point une coupole, je le reconnais, c’est mieux, c’est un lieu aleph où des talents, des intelligences et des déterminations se sont croisés. Il n’y a que peu de vieux ni même de gens âgés.
J’en ai été le membre le plus éminent, après mon père et ma mère, Bob, Elio, rouquins premiers et la Princesse Shaïtane, fondateur de la dynastie, mais il est temps de vous passer la main.
La Jubilaire ? Comment pourrais-je ici, ne pas rappeler son intrépidité, sa fidélité, sa tendresse, ses actions de bravoure et les foutues trouilles qu’elle nous a balancées ? Impossible. Mais je puis savamment les mixer avec ses réussites en ignorant volontairement un ordre chronologique. Ainsi en est-il de cette toute Grande Bêcheuse qui sait par cœur le nom de toutes les couleurs et nuances pouvant exister ou être imaginées, nous assénant du fuchsia au pire moment, compensée par cette sonate en do mineur de Beethoven bravement enlevée et ce meilleur diplôme helvète. De ce pseudo hold up de barres chocolatées chez le mi-gros bonhomme Dutweiler compensé par une remarquable prestation lors du tournage de “Sucrée soirée”. Il y a bien ce cordon ombilical qu’en route pour ce monde sublunaire elle confondit avec une cravate lavallière mais ses talents de premier violon (c’est ainsi que nous la nommons pour son caractère de leader) comme de barman américain nous le font oublier et de plus, je n’avais jamais suivi les rythmes un peu syncopés d’un cœur, le sien, sur moniteur et j’en ai tiré l’inspiration rythmique de ma plus belle symphonie. M’a-t-elle empêché de diriger, au Conservatoire, la générale d’un concert ? Peut-être bien, mais ce don qu’elle nous fit d’un précieux néodictionnaire de la langue française relègue ce souvenir au rang d’une simple anecdote. Âgée d’un an, je vous l’affirme, elle n’a pas avalé sa langue – elle préférait déjà le Bonlait Chocolat – et nous ne sommes pas allés comme des fous, en hélicoptère, aux pédiatries valaisannes voisines, nous avons simplement pris notre voiture et longés des vides avides au flanc de vallées avalées par des signatures de brume.
Elle ne s’est jamais réfugiée, oublieuse de notre existence, au sortir de moments périlleux, dans une bibliothèque municipale, comment y serait-elle entrée avec son fier destrier ? Et son père, ce héros au sourire si doux, n’a jamais appelé la police ni les médecins ni les chars publics qui ont cette fâcheuse habitude de lâcher leurs pets noirâtres dans notre bonne ville du bout du Lac et il ne s’est ensuivi aucune scène familiale, le monde était stable, l’horizon clair et les choses étaient - comme toujours en Centremont et face aux pays d’alentours - à leur place, c’est-à-dire autour de moi qui, une fois encore, de par la grâce de mon incommensurable serviabilité, ai accepté de rêver ce monde pour qu’il tienne quelques éons de plus, même s’il m’ennuie parfois d’être Dieu ou son suppléant je ne sais trop, tout n’est qu’illusion.
Elle n’a pas sauté une nuit de son lit, à l’âge de 8 ans, et nous ne sommes pas allés écouter une femme faiblement sage en blanc lui demander toutes les heures comment elle se nommait – cette personne ignorait à l’évidence qu’elle parlait avec la déjà célèbre dragonne aux yeux bleus dont le prénom dit tout, bien qu’elle tienne de son père un patronyme déjà reconnu par de bons dictionnaires ; elle n’a pas sauté de ce lit en pleine nuit pour la simple raison qu’elle préfère sauter d’un avion à 15’000 pieds et chuter comme un ange vers cette terre, des mines de qui elle a une profonde connaissance, par contre, chose capitale dans son parcours, elle a traversé un désert proche du Mexique, seule dans un avion qui lui fit quelques problèmes, elle s’est posée face à un péouze d’Arizona qui décollait dans le mauvais sens et, après avoir vu de près une trombe des sables peu rassurante et triomphé d’une panne radio (ce n’est pas si loin du triangle des Bermudes après tout), elle a ramené son appareil sur à sa base en recevant, c’est chose rare en ce pays, les compliments du contrôleur de la tour, du moins ce qu’elle a pu en comprendre car ces gens mâchent plus leurs mots que leur gomme. Je peux bien vous le révéler ici et maintenant, prévoyant, j’avais conclu une alliance avec une pierre du désert pour qu’elle la suive et la protège contre tout danger, ce fut chose utile mais pas indispensable car sa détermination lui permit de traverser ces nombreuses aventures.
L’Art de notre famille étant, vous l’ignorez, de concilier les cultures en ce qu’elles ont de plus classique avec des modes qui passent je serais tenté de dire qu’elle est une excellente amélioration d’Ally McBeal et que Voilà ! Oui… mais non ! Ce propos nous entraînerait trop loin, et notre jubilaire est une classique, pas une figure se série tévé. Je poursuivrai donc dans la présentation raisonnée de ses qualités.
Elle, mais ceci est la moindre partie de mon discours, n’a jamais sauté d’un cheval en marche en oubliant de serrer le chanfrein à main et nous ne sommes pas allés fréquenter ces labyrinthes ou passent des fonctionnaires en blanc et ou chantent des sirènes. Je pourrais certes la dire de Trattenschmeuffe résistante ou encore lui décerner la médaille de Celle qui n’a pas fait visiter Sodome à la secrétaire de L’Or en selle mais, dans la simplicité qui est de rigueur ici et afin de la remercier d’être, d’être ce qu’elle est, d’assumer ses fonctions de femme dans le Nid, de les assumer certes tôt mais bien et avec justesse, de chanter juste même si elle se refuse à me le prouver quand le plus fortement le désir de l’entendre me saisit, je ne la dirai point prima inter pares parce que c’est une évidence et on ne se félicite pas pour si peu de chose, je vais simplement, à la manière d’Orphée, (qui est mon cousin par la main gauche) la nommer, ce qui est acte de notaire mais surtout de poète – il vous appartient de savoir lequel de ces titres m’habille le mieux - je vais la nommer au plus essentiel par élimination, après l’improbable viendra l’évidence, je vais vous dire son titre en grande simplicité, en commençant par ces mots que j’eusse pu prononcer dès le début de ce speech que vous écoutez avec tant d’inattention :
A vous qui entrez sous la coupole de notre Maison et qui en êtes héritière, je ne vous dis pas, jeune femme entrant dans sa nananène année, je ne vous nomme pas seulement Grande bêcheuse, intrépide cavalière, fille d’Elle et de Lui ce que vous ne partagez qu’avec votre fratrie excellente entre toutes, je ne vous dis pas Mademoiselle la première du rang, j’oublierai même la semeuse de trouille comme l’amazone intrépide et – mais j’ai là plus de peine à l’avouer, je ne vous dis pas Madame CXXX heures de cockpit, je ne vous dis pas iéférienne des nuages, je ne vous dis pas notre fierté ni l’éclat si pur de vos yeux bleus bien qu’ils paraissent parfois flirter avec des verts et des gris de la certification desquels j’ai une certaine idée, je ne vous dis pas poissonne polissonne de piscine ni auteur de poèmes qu’en les recoins de votre silencieux amant de silicone vous celez, je ne vous dis pas que vous êtes celle qui anime la société, j’oublierai que vous fûtes et demeurez prima inter pares, excellent professeur de galanterie même si vos cours furent séchés par qui vous savez, nous vous savons sage-ittérienne je pourrais vous flatter avec de doux petits noms câlins comme Miss Bryce ou Professeur Lingo passée à objective C, je ne vais plus souligner que vous êtes chef par nature, premier violon et kamikaze que nous avons eu du mal à contenir, amazonesse de la meute royale et que dans votre sillage viennent les phontes et les ombrephontes - louée soit leur pérenne présence - Shaïtane Compagne du Roy Jacques le Rêveur de future sainte et vénérée mémoire, Roy un peu fou certes mais dont les œuvres lui survivent vous en êtes la preuve, je ne vous dis pas que vous incarnez les ordres essentiels du monde à savoir la Grande Ombre de la Forêt des Ombres, le Seigneur de la Montagne Tri-Angulaire et autres lieux de la Vallée perdue, je ne vous dis pas que vous avez couru dans les terres du Pays d’en Haut avec les Marquise de Babinie, qu’elles vous ont décerné la Grand-Croix de la meute d’honneur vous faisant de par cet acte de reconnaissance Grand Électeur des Provinces Ultramontaines aux falaises de l’Achéron, je ne vous dis pas que votre excellence de lectrice vous fait – personne ne le conteste - Pairesse des Landes du pays de Centremont et fille de la Dame aux yeux d’or des Mosses au Seppey, je ne vous dis pas - Mon Dieu ! quelle longue liste, mais c’est une forme de rhétorique - que vous êtes enfin de jure et de facto cette Secrétaire perpétuelle de la Société “La Rousse” dont il est tant parlé actuellement et titre à quoi de bons auteurs comme ce petit charmeur de Jean d’Ormoissons n’a pu prétendre dans sa si brillante carrière – il le sait et vous adresse ses messages émus – je vous dis que je délaisse l’amazonesse, la directrice des Éditions de La_Margelle (qui ne peut être que celle du monde) et autres bonnes herbes, Celle-QuiComprend-Erin-La-Mutante, la cavalière et le pilote ainsi que la Dragonne comme l’Ipsidoine Multéclatrante et Purpurinoforme pour vous donner – muss es sein ? - le titre des titres, celui qu’en toute sophistication vous êtes la seule à méritez, en bienvenue dans votre terre des Cottages sur Achéron et des Maisons d’Ouest, je vous résume en votre meilleur et plus simple titre :


Mademoiselle.






Ce livre de 32 page
révisé, assemblé, annoté et
tiré à 50 exemplaires sur papier couché 135 grammes
numérotés de zéro à quarante-neuf
ne sera disponible que sur souscription :
margelle@bluewin.ch
Prix non communiqué.