Single
Le douzième Evangile
Les femmes préfèrent les femmes
Op 12
(paru en France le 15 octobre 2010)


12eme

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Quatrième de couverture

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Extraits choisis

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Quatrième de couverture


Mélissa, obsédée sexuelle notoire et reporter vedette du plus grand Zine des États-Unis d'Europe se voit confier par sa rédactrice en chef une mission super-dangereuse : remonter le temps avant Evène (Avant les Événements) et découvrir "Ce que les femmes préfèrent". Elle y parviendra avec l'aide de Dieu (que la traque théologique des Américains a fait chuter dans le contingent) qu'elle tentera de séduire et de Des Ombres, un compositeur aussi énigmatique que romantique qui, sans le savoir, est à l'origine de l'Univers. Le joueur masqué (Dieu ou l'auteur) joue avec Mélissa comme avec une balle de flipper. Elle est envoyée dans le New York des années 60 et déjoue les avances d'un certain Salman Rushdie, participe à la plus grande rave lesbienne de Californie où elle baise un requin, se trouve à Wall Street chez l'infâme Fuld aux débuts de la crise, est enlevée par la terrible nazie Hannelore et sera torturée dans une île grecque par les Bitenberg, maîtres du monde. Elle passe également en Allemagne, à Stuttart, là où un apprenti sorcier joue avec les pouvoirs de la musique. Au final, on descendra le Ruban O' (le Temps) de quelque quinze milliards d'années pour assister à la formation de la soupe primitive et des lois qui vont la régir pour nous donner naissance. Une occasion unique pour Mélissa de modifier le futur… et de revenir régler ses comptes. Dès le début on bascule dans une société de femmes et le titre de l'ouvrage fait penser à un L World, un monde de lesbiennes déchaînées. La conclusion sera plus subtile mais chut… nous n'écrivons ceci que pour vous mettre l'eau à la bouche. Le récit est souvent dramatique ou rêveur, usant du temps gelé ou suspendu, mais il reste fidèle au style série noire ou à celui du Privé à la Chandler ne ratant aucune occasion de placer une bonne punch line. Le détective cosmique est une femme, une agitée, une séductrice, une folle de sexe bien dans la peau des autres toute race et couleurs confondues. Au fil de ce roman, Mélissa qui est l’interface sexuelle universelle, va sacrément évoluer… Les livres de Jacques Guyonnet ressemblent à une immense fourmilière ou à un labyrinthe géant dans lequel, au fil de douze romans, des personnages et des thèmes se croisent, se reproduisent et jouent à cache-cache les uns avec les autres en défiant toute chronologie. Dans celui-ci, Mélissa écrit malgré elle le Douzième évangile et l'auteur se dévoile en proposant ses Mémoires d'Ante Tombe et nous dit quelques mots de son parcours.


Réactions, lecteurs, mails, blogs :



Guillaume Chenevière


J’ai enfin achevé la lecture du 12e Evangile selon des Ombres, retardée par une avalanche de tâches urgentes et obstacles imprévus.
Je ne sais si tu le considères comme un opus final ; c’est en tous cas le meilleur de la série.
Les chapitres autobiographiques sur ton aventure musicale sont passionnants de bout en bout. Tu y rejoins Schopenhauer pour qui la musique préexiste à l’univers. Qui touche aux fondements de la musique touche aux Fondements tout courts…
Ton insatiable appétit de jeux de mots se déchaîne à son ordinaire ; quand tu écris Meryl Strip au lieu de Meryl Streep, le lecteur vaguement coupable ne sait pas si c’est une orthographie défaillante ou un gag qui lui échappe. Peut-être abuses-tu du mot con, dans un sens dépourvu de connotations sexuelles; cela donne parfois à ton écriture une apparence relâchée, alors que bien des passages sont au contraire très travaillés. Tes variations autour de Rimbaud sont bien dans notre époque de collages réfractés et démultipliés à l’infini, comme aussi tes fragments irisés de perspectives scientifiques up-to-date.
Est-ce un livre féministe ? Seules les femmes ont qualité à se prononcer. Tu y proclames en tous cas superbement la supériorité des femmes sur les hommes, même si Des Ombres et Dieu, compositeurs fils et père, conservent leur rôle principal dans l’aventure, et si tes héroïnes féminines se comportent souvent – mais pas toujours - comme des hommes.
Ta critique-fascination de l’Amérique me semble plus percutante que dans les ouvrages précédents : je suis séduit par l’idée que le culte de l’argent est fondamentalement incompatible avec celui de la femme. On te reprochera peut-être une certaine naïveté dans l’aveu somme toute banal que, comme n’importe quel créateur, tu te mesures sans vergogne à Dieu. Finalement, la qualité majeure de ce livre est d’être un autoportrait fidèle. L’aimeront ceux qui t’aiment.




Cathy Hylyirio :

Le 23 Octobre 2010 à 11:48
hylyirio : Tout simplement génial!!!! mais surprenant... une expérience hors du commun :)



Le moins que l’on puisse dire, c’est que ce livre est des plus particuliers... L’histoire est écrite dans un langage simple, plus que très familier, ça il faut bien le reconnaître... et de ce fait, la lecture en est fluide et très agréable, du moins, c’est comme ça que je l’ai ressentie...
Je me suis réellement plongée dans cette histoire, quand je lisais ces pages, l’une après l’autre, le monde autour de moi n’existait plus et j’étais plongée, corps et âme, dans l’histoire et voyageais au gré des voyages de Mélissa...
Il y a cependant deux aspect négatifs au livre: le premier, c’est le nombre beaucoup trop important des notes de bas de page... car à force de les lire, cela casse énormément le rythme de la lecture... Donc, à force, je ne les lisais plus... Je sais, c’est honteux, mais cela m’a permis de mieux rentrer dans l’histoire et de mieux l’apprécier sans ces interruptions...
Une chose très décevante malgré tout, ce sont les trop nombreuses fautes d’orthographe ou d’impression/de frappe, qui personnellement, m’ont relativement dérangée... Cependant, je garde de cette lecture un excellent souvenir, car l’histoire, le style de l’auteur et le vocabulaire familier voire grossier du personnage narrateur font oublier ces petits désagréments.
C’est un livre que je conseillerai donc vivement aux femmes :) Il permet d’avoir un regard tout autre sur certaines choses, et ce qui est certain, c’est qu’il fait sourire de par son style hors du commun...
Une citation :
«Pour moi, les choses étaient simples, sans principe de désir le monde cesserait d’exister. [...] Le principe de désir universel, je savais très bien où il était. Dans ma culotte.… Même si je n’en porte pas.» p141
Ce livre m’a réellement donné envie de lire les autres livres de cet auteur... Il me tarde d’en trouver un autre :)

Ce livre a été lu en partenariat avec Blog-o-book et les éditions La Margelle que je remercie grandement pour cette collaboration...


Daniel Fattore :

Avec “Le douzième Evangile”, Jacques Guyonnet signe un ouvrage labyrinthique et généreux qu’on rangera dans les littératures de science-fiction clairement assumées. Il s’intègre à merveille à une dizaine d’ouvrages déjà parus, dans lesquels l’auteur donne libre cours à sa fantaisie pour peindre des univers qui, par cercles concentriques, partent d’un réel bien plat pour arriver à toucher aux mythes humains. Nouveauté de ce roman, cependant: ici, l’auteur se met dans la peau d’une femme, Mélissa, “obsédée sexuelle notoire et reporter vedette du plus grand Zine des Etats-Unis d’Europe”... et Mélissa est chargée d’identifier ce que les femmes préfèrent, enquêtes de terrain à l’appui. Donc traquenards il y aura, dans le sillage de l’affreux Sarkodile.

La photo de couverture, composition de l’auteur, est évocatrice. Un visage de femme y apparaît en transparence dans un rideau d’eau. Le sujet principal apparaît ainsi de manière littérale; quant aux “contre-sujets”, à savoir la musique et la manière de “tomber dans la lumière”, ils interviennent de manière métaphorique: le flux d’eau rappelle les flux musicaux, et les reflets du soleil dans l’eau dévoilent cette chute féconde, relatée par un Jacques des Ombres qui se présente comme le double de l’auteur (et de Dieu, accessoirement, sans qu’on sache trop qui, des hommes ou des dieux, a créé l’autre) pour en raconter certains épisodes autobiographiques, en contrepoint des aventures de Mélissa.

Le contrepoint est du reste mené de manière intéressante. Il constitue, en début de roman, un élément structurant fort dans la mesure où l’auteur fait alterner des chapitres relatifs à Mélissa, volontiers ludiques et verbalement inventifs, et d’autres parlant de la vie de Jacques des Ombres, plus factuels mais captivants pour qui s’intéresse au petit monde de la musique contemporaine: on y croise les compositeurs Yannis Xenakis, Pierre Boulez, Hugues Dufourt et quelques autres pointures. Ce jeu s’estompe à mesure que Mélissa se rapproche, artistiquement et sentimentalement, du personnage de Jacques des Ombres, jusqu’à ce qu’un langage commun émerge. Le talent rythmique de l’auteur intervient aussi dans le jeu subtil d’équilibres entre des chapitres plutôt courts, des paragraphes parfois très longs et des dialogues.

L’ouvrage peut paraître délirant, mais il est aussi construit sur une érudition certaine, caractérisée par un éclectisme assumé. Bécaud croise ainsi Boulez, Rimbaud rencontre Rushdie, et les citations, clins d’oeil et allusions sont nombreux. Quelques éléments de l’actualité immédiate nourrissent aussi le propos, par exemple des allusions aux crises de ces dernières années (ce qui permet à l’auteur d’introduire l’Amérique, un de ses thèmes de prédilection) ou l’ombre de Bernard Madoff.

Roman féminin, donc; roman féministe? A la différence de “On a volé le Big Bang”, “Le douzième Evangile” est fortement sexuel - ce qui n’en fait pas un roman érotique pour autant, même si Mélissa parle volontiers des pouvoirs étranges de son string. La jouissance physique est ainsi exacerbée; mais elle fait partie d’un tout plus vaste. Ainsi, d’un autre côté, l’auteur loue sans relâche les qualités des femmes, perçues comme supérieures aux hommes. Le tout se résout dans l’idée que la femme, origine du monde (et pas que selon Courbet), est essentielle et a hérité de quelque chose du big bang.

On peut aussi se dire que par instants, Mélissa fonctionne un peu comme un homme. Faiblesse? Cela me paraît explicable, dans la mesure où elle évolue, au début du récit, dans un monde où seules les femmes ont droit de cité; certains traits de caractère masculins se seraient-ils ainsi développés? De ce point de vue, la référence à Valerie Solanas est obligée; les observateurs de la rentrée littéraire 2010 penseront quant à eux au roman “Les Assoiffées” de Bernard Quiriny, même si les ambiances sont très différentes. Comment une telle société peut-elle fonctionner? L’auteur a ici ses réponses, à découvrir au fil d’un roman généreux, copieux même. Alors, les femmes préfèrent-elles les femmes? A vous de le découvrir.




Hubert Demierre : (trois messages)

Cette nuit m’a transfigurée, et ce n’est pas du boulezshit que vous avez écrit et j’en apprends beaucoup sur la philosophie de la musique, les affres de la composition sont passionnantisimes.
«La fin du monde, ce sera Jack des Hombres». Encore bravo. Je trouve que votre écriture et votre sensibilité s’affine dans ce chapitre. Quant au safran, une vraie loterie esthético SM. Votre imagination essaime! Jérôme l’Allemand n’a  Kaka   bien se tenir (comme dirait le footballeur brésilien) car  le Denfert est pavé de bonnes intentions. Et sur le passage de la porte, Musset disait «il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée «! Alors qu’importe finalement  puisque j’ai l’amour des 3 oranges!

***

Bonsoir Jack, J’en apprends pas mal sur vous dans ce chat pitre.
Un père qui construit des églises (architecte bâtisseur presume),
une mère de grandes valeurs, des études de lettres (à prendre plutôt à l’esprit), un homme orchestre en devenir (là, pas étonné), un écrivain secret renvoyé  aux calendes grecques, une charmante  professeur qui lui fait perdre son latin mais qui est contredite par ses bonnes notes d’examen, un Jacques un peu rousseauiste dans ses rêveries d’un promeneur émerveillé, des comparaisons ionesciennes d’un Strobel aux pommes qui le briefe sur la nécessité d’avoir la force indomptable d’un compositeur, la prési danse de la carte SIMC!!!

A suivre

***
Salut Dr Jack,
Dans la variance de la teuclito, belle anale logis entre la fi(n)ance et les glissements topologiques stables pour une durée illimitée;  on pourrait d’ailleurs aussi y voir une topologie instable pour une durée illimité suivant l’angle de vue très précis de la géographie hubaine.
A Genève par exemple, la mode est au macaron tant sur les pares-brises que ceux qui s’inscrivent dans la Durée.  Les vecteurs humains évoqués n’existent effectivement quasi-ment plus puisqu’une poignée d’ordinateurs décident aujourd’hui du sort des marchés et avec lui l’avenir de la planète. L’humain a perdu la main et est donc l’hu et désapprouvé. Le con pue terre décide et l’homme dispose. Kelconne cette espèce financière qui s’assujettit aujourd’hui par pure cupidité. Chez Niki (de Saint Phalle), Cameron etc... Des belles trouvailles (WWW pour Wet Women Web), une fille avec une hydre à l’arrêt, une quête  bi-temporelle de Dieu chez Mélissa, Mais je trouve que cet amas saphique mériterait la présence de  mâles pour contre-balancer leur cérémonial car sinon  tout est un peu trop «bien qui finit lesbien» plutôt que tout est bien qui finit mâle. Ah les femmes....Imprécis de géographie urbaine



Extraits :


Chapitre XIII


Dieu était hyperbaisable! (page 43)

(Andante amoroso)

- Commande-toi du café, du bacon et des œufs brouillés, dit Dieu, c’est comme ça que les gens d’ici se nourrissent.
C’était une aube blafarde sur Manhattan, quelques taxis jaunes esseulés passaient, les rues crachaient toujours de la vapeur, on s’était retrouvés chez Dominik’s Place, au coin de la 23
th et de Lexington, dans un de ces bars “diner” américains immortalisés par les séries B, avec un patron mexicain soupçonneux et avachi, une serveuse aux seins trop comprimés et des rangées de tables avec du formica blanc et des banquettes en simili cuir rouge. Je regardais tout ça avec incrédulité, les ex-maîtres du monde avaient-ils vraiment vécu dans un univers aussi déprimant? L’Amérique avait été un foutu village Potemkine, mais où se cachait la race des Saigneurs?
- Pas très loin d’ici, fit mon copain, mais ça ne vaut pas le détour. Ils ont du vrai cuir, du vrai marbre, des filles plus jeunes, de la drogue propre, de profondes moquettes, des serviteurs et encore plus de problèmes insolubles. Ils exportent vers le restant du monde leur misère, déguisée en rêve… américain. Tu ne t’y ferais jamais, d’un autre côté je ne pense pas que tu restes longtemps ici.

Je me secouais. Quelque part je me sentais détendue et satisfaite. Repue, même.
- Tu peux le dire, fit mon compagnon avec un petit sourire, tu t’es éclatée comme un vrai Big Bang féminin à toi toute seule. Je crois que ces gens ont eu une révélation. Normalement c’est moi qui l’apporte et j’avais commencé le travail. Mais non, Mélissa, c’est toi qui la leur as offerte
! Tu me fais penser à Linn’et même à Ishtar, qui n’avait pas un excellent caractère.

J’étais intriguée. Pour autant que je le sache, Dieu n’était pas un expert en sexe et en érotisme. Et voilà qu’il semblait approuver mon inconduite. J’avais littéralement saccagé filles et mecs à Sullivan Street. Avec l’éclatante confirmation de mes dons de jouisseuse. S’il y a une chose que je sais faire - à part être la meilleure en tout - c’est d’extraire de chacun la moindre goutte de plaisir, n’allez pas le répéter
: je suis un vrai vampire. Mais une gentille, je n’ai jamais tué personne, je suis peut-être un peu exténuante. Je crois qu’il y a en moi un principe de vie qui a perpétuellement faim. Là, était peut-être la réponse à ma quête, ce que les femmes préfèrent c’est jouir! Mais il me reprit, suivant mes pensées avec une sorte de tendresse.
- As-tu l’impression d’être dans un lieu magique
? me demanda-t-il.
- Sûrement pas, impulsai-je. C’est cool parce que tu es là, mais ça suinte une tristesse pas possible, tu ne trouves pas
? Sûrement pas un endroit pour faire des miracles.
- Eh eh… fit-il songeur, en es-tu sûre
?
Je fis signe que non, pas très convaincue.

- Il existe une vieille tradition, reprit-il après un long silence, qui veut que le merveilleux s’accomplisse dans le pauvre, le banal, l’ordinaire. Je me souviens de ce Borgès qui pour l’approche du divin parle d’un rideau de perles bon marché, je revois encore Gilgamesh, roi de Babylone, qui s’accomplit dans la pauvreté et le désert
; je n’ai jamais aimé la maison prétentieuse que Pierre et ses représentants actuels se sont fait construire à Rome, je n’y suis pas, je n’y ai jamais été; le luxe cher aux hommes à toujours servi à les aveugler et augmenter leurs souffrances. Ne sous-estime pas la banalité de ce lieu, même si nous ne savons nullement ce qui nous y a conduits, chaque chose prend un sens, nous sommes sans doute plus proches de ta solution que tu ne le crois.

Je l’observais, je n’arrivais pas à m’imaginer ce bar minable en carrefour des probables et des miracles. Fallait être divin pour voir ça. À ce propos je me suis demandé s’il connaissait la suite de mon histoire. Pour être renvoyée avant Evène j’étais tombée en disgrâce. Pas le moindre doute là-dessus. Que me reprochait Big Mama W
? Ma beauté? Ma sexualité débordante? Mon talent? Le fait qu’à moi seule j’anime la rédaction de son foutu Zine? Je suis sûre qu’elle supportait encore moins mes éclats de rire que mes conquêtes de sexe. Dieu avait toujours été censé connaître les allées du temps, il devait savoir ce qui m’attendait. Je lui posai la question, il haussa les épaules.
- Je ne suis pas Qui tu imagines, dit-il. Et même, quand je regarde l’agitation du monde avec un peu d’acuité, je vois effectivement ce qui va se passer. L’ennui c’est que j’en vois un grand nombre de versions. Il n’y en a aucune qui soit moins probable que les autres ou, si tu préfères, il y a beaucoup de versions de toi dans le futur et elles se ressemblent.
Je connaissais ça. C’était en plein dans le mille de l’illusion quantique et des états superposés
! Il n’y avait pas une Mélissa de Schrödinger, il y en avait un régiment. Je manquais totalement de décohérence, nous autres les journalistes d’après Evène nous sommes familières avec ces termes, même si la majorité des rédactrices n’y comprend rien. Il me dévisagea de manière intense et reprit:
- Sois toi-même avec force, c’est la meilleure conduite à tenir dans ces réalités. Je ne puis te tirer les cartes ni prophétiser, tu sais bien que ce sont des sottises qui se sont accumulées après mon acte fondateur.
J’en fus super-remuée. Son acte fondateur
? S’il y avait un scoop unique au monde c’était bien de Lui demander en quoi avait consisté Son acte fondateur. Quelque chose me dissuada d’attaquer frontalement, j’espérais qu’il ne lisait pas trop dans mes pensées mais je ne m’en faisais pas trop, les pensées des filles sont difficiles à cerner, à l’inverse de celles des mecs qui sont trop prévisibles.
- Et si tu me parlais un peu de Toi, l’interrompis-je avec une fausse candeur et une vraie majuscule. Tu as perdu ton cône de silence
?

Chaudement, sournoisement, le désir me reprenait. Dieu était hyperbaisable
! J’avais envie de Lui. Avouez que je ne suis pas possible. Ce sont les mâles qui vivent en état de rut perpétuel. Nous les filles, une fois par mois quand tout va bien. Mais rien à faire, je bandais (les filles bandent, évidemment vous n’étiez pas au courant) et ne pensez surtout pas que j’avais envie d’entrer dans un quelconque livre des records. Mélissa, la fille qui a baisé Dieu? Quelle sottise, j’éprouvais de l’amour pour lui, il était super-mignon et attirant, il avait ce quelque chose qui manque aux hommes de mon temps, c’était peut-être un mec féminin après tout? Le fait qu’Il m’ait abordée sur Denfert après mon altercation avec BMW me restait inexplicable. Pourquoi moi? L’article que j’allais pondre, ou qu’il allait me dicter serait-il un évangile? Si oui je décrétai que ce serait le douzième évangile. Je ne sais pas pourquoi ce chiffre s’est imposé à moi et je m’en fous. Personne ne s’est jamais mis d’accord sur le nombre des évangiles chrétiens ou gnostiques, bien malin celui qui me contredira. Je pensais comme un compositeur en fait, douzième évangile ça sonne bien, c’est du Majeur! Je le dévisageai et attendis la suite.
- J’ai mieux. Et je te parlerai de moi, dit-il d’un air malicieux.
Je ne vous l’ai pas dit, il avait progressivement abandonné l’identité de Birnbaum pour revenir à celle que j’avais connue sur Denfert. Un vieux monsieur aux cheveux blancs, aux yeux bleus malicieux. Je fis un effort hallucinant pour ne pas l’interrompre - c’est un de mes défauts, je coupe tout le temps la parole à tout le monde - et attendis la suite.
- Je te parlerai de moi, mais avant je veux te donner quelque chose qui te sera utile. Il se peut que nous soyons séparés, même provisoirement, et je vois que tu as besoin d’aller chercher un gros tas d’information.

Il sortit de la poche de son veston une petite pierre verdâtre et me la tendit.

- C’est une amazonite. Elle n’a rien de particulier si ce n’est une certaine affinité avec les chronons, une particule que les savants de ton temps connaissent encore assez mal. C’est d’elle que je me suis servie pour t’embarquer avec moi ici. Garde-la, elle va te servir à naviguer un peu, du moins pour les petits sauts. Tu dois t’approcher beaucoup plus de ce que tu nommes Evène ou Alève. Quand sera venu le moment du grand pas je serai là.
J’étais ravie et furieuse, Un peu craintive même.
- Oh
? Mais Tu ne vas pas me laisser seule ici? fis-je avec ma voix de petite fille esseulée.
En général ça marche. Mais Il fit comme s’il n’avait rien entendu.
- Cherche Evène, dit-Il à trois reprises, cherche le bien, Je m’absente un instant.
Je me suis attendue à Le voir opérer un fade out, comme dans les films mais pas du tout. Il se leva et d’un pas guilleret sortit par la porte de cet infâme boui-boui. Refermant la porte avec douceur. Je restais un instant pétrifiée puis me ressaisis. Je n’allais pas Le laisser filer comme ça. Je me précipitai vers la sortie et me retrouvai dans le froid. À perte de Lexington… rien. La même chose pour la 23
th. Une brume vacharde traînant dans une ville fantôme. Un taxi jaune passa avec lenteur, comme un squale désabusé.
Je rentrai, furieuse, me commander un œuf au plat de plus. Et un café bien fort, ce qui en Amérique n’existe pas, je l’ignorais. Après quoi je suis allée vers le patron et je lui ai demandé comment un vieil homme fait pour s’évaporer en plein Manhattan. Ça a eu l’air de le secouer. Il a éructé, expulsant un problème stomacal pas piqué des vers et, tout en projetant rageusement sur les murs tout ce qui lui tombait sous la main, avec son accent effroyable, baveux, à perte de souffle, m’a dévidé d’une traite, ce qui suit, avant de disparaître sous le comptoir, sonné, mort à vie probablement
:

Dès lors, je me suis baigné dans le Poème
De l’Univers, infusé d’astres, et lactescent,
Dévorant les hautes températures
; où,
flottaison blême et ravie, un atome
pensif parfois se fusionne


J’avais réussi à éviter les éclats de verre et diverses soucoupes volantes, ça ressemblait à un poème et, quelque part, dans ces lacs de feu qui peuplent ma mémoire, je savais ce que c’était. Oui, ça me disait quelque chose. Par exemple que ce mec se shootait à mort. Ou que quelqu’Un le parlait. Ou s’amusait à faire des collages. Mais Qui? Je n’ai pas eu le temps d’y réfléchir ni même de prendre mon FemmeTouch, une silhouette famélique et inquiétante s’est dessinée derrière les vitres de la porte. J’ai eu l’impression de voir Zeke le loup arpenter les rues de Manhattan. La porte s’est ouverte, la chose est entrée et est venue directement sur moi. C’était l’Indien. Ce Salman Rushdie qui me les avait tellement broutées à la party de Sullivan Street. Il avait des yeux entièrement jaunes et globuleux, j’y déchiffrai sans peine une intention hostile, voire entropique.
Vous auriez fait quoi à ma place
? J’ai pris l’amazonite et je l’ai serrée très fort dans mes deux petites mains.

Le douzième évangile attendrait.




De la masculinité (page 157)

Bavardages de Mélissa… : Pertinent/Impertinent
(Scherzo)


Nous entrons à l’ère des solutions finales, celle de la révolution sexuelle par exemple, de la reproduction et de la gestion de toutes les jouissances liminales et subliminales, microprocession du désir dont la femme productrice d’elle-même comme femme et comme sexe est le dernier avatar.
(Jean Baudrillard in De la Séduction)

Il me semble que Dieu, ou le Joueur Masqué qui me manipule, m’accorde au moins une liberté dans cette histoire. Celle de venir vous casser régulièrement les couilles avec mes réflexions de fille agitée. Au bureau, chez PodSex, j’ai une copine qui s’appelle Francisca. Je l’adore. C’est une Chilienne qui parle comme une mitraillette, s’intéresse à tout, vit sa vie comme une noctibule en errance mais se réveille parfois le jour à mes côtés quand il le faut, dans les moments de grande presse qui sont fréquents dans notre Zine. Ses désirs sont des ordres (orthographiez ça comme vous voulez) elle veut tout faire, tout apprendre et tout vivre en même temps, elle est sur le point d’y parvenir et nous fait des yeux déçus quand ça foire, capable de soutenir sans broncher des conversations d’un niveau de huit à douze parenthèses et, quand elle n’arrive plus à remonter à la surface, elle utilise un rire tellement communicatif que le monde entier vient à son secours. Elle reste persuadée qu’elle peut mettre n’importe quel homme dans son sac mais quand ils donnent des signes d’acceptation, voir de soumission, elle s’enfuit à tire d’Elle, ce qui confirme mon diagnostic de fille Dona Juana. Elle adore séduire mais ne consomme pas vraiment. Un jour elle m’a dit avec une voix rauque que les hommes et leur sperme “ça puait”. J’ai tenté de la faire venir du bon côté - le mien qu’est-ce que vous croyez? - et de lui enseigner l’art de la jouissance ininterrompue mais en vain; elle fait partie de ces nanas dont il faut baiser la tête et dans son cas aucun homme n’y parvient ou ne souhaite y arriver, elle semble plutôt hétéro, encore que rien ne soit moins sûr. Elle a usé septante mecs (En Suisse…) huitante célibataires (des Vaudois) et quatre-vingt-dix-neuf Africains mais là n’est pas le problème. Comme je viens de l’évoquer elle a un comportement archétypal de mec, ce qui n’est pas complexe et qui se subdivise en crétins “machos” super-mignons et pour le reste Don Juan ou Casanova.
Casanova est un jouisseur. Don Juan un coureur d’idéal.
Francisca se classe dans les Dona Juana évidentes, un idéal chasse l’autre, elle turbule d’une manière pas possible, elle est infatigable et parvient à mettre tout le monde sur les genoux. Seul problème aucun mec n’est parvenu à lui baiser la tête, ça doit être difficile, j’ai essayé et me suis retrouvée dans un tel fouillis que j’ai dû baisser les bras. Quand je vous dis que je viens régulièrement vous briser les burnes avec mes histoires vous pouvez songer à Francisca et vous féliciter de tomber sur une fille aussi simple, réservée et taciturne que moi. Car, après tout, je ne vous ai sorti que mes excuses, mes rebuffades et l’histoire de mes strings, ce qui est peu de chose par rapport à tout ce qui me reste à commenter.

Pour le moment je suis en train de penser à la masculinité.

On ne voit pas beaucoup d’homme dans cette histoire et c’est vrai que les femmes dominent partout dans notre société. Les mecs se la jouent profil bas mais nous manquent-ils
? Bonne question à laquelle aucune d’entre nous ne tient à apporter de réponse. Quand BMW m’a demandé de traiter des préférences des femmes elle voulait simplement se débarrasser de moi, m’éliminer, me tuer (la Salope!) et j’ignore toujours pourquoi. Mais, avec un peu plus de subtilité, si elle m’avait enjoint d’écrire sur “Ce que préfèrent les hommes”, là j’étais raide! Aucune d’entre nous n’en a la moindre idée. Et si on se penche sur le monde que les hommes nous ont légué juste avant Evène il faut bien reconnaître que c’est un monde de merde dans lequel ils ont tous l’air de préférer le pouvoir sous sa forme la plus basse qui est le fric. C’est un sujet qui m’interpelle mais je ne crois pas être meilleure que les autres pour le traiter. Quand même, j’ai rapproché quelques idées. Dont la jouissance, cette merveille que les hommes se sont attribuée à eux seuls. J’ai relu de vieilles chroniques dans lesquelles on affirmait sans rire que le 70% des femmes ne connaissait jamais d’orgasme. Très possible pour cette période. Mais je suis encline à croire que d’une part ils ne les voyaient pas et que de l’autre 99% des hommes n’en ont jamais connu. Eh? Parfaitement! Chez l’homme il y a des éjaculations mais très rarement des orgasmes, faut pas mélanger les cochons et les serviettes. Voilà mon thème! Un homme est obligé d’éjaculer, c’est mécanique (Francisca voit ça comme ça comme une dégoûtante perte d’étanchéité…). Ses codes le commandent, il est pré-des-ti-né! Sans la bonne pression les messagers n’arrivent pas chez nous et la race s’éteint, ce qui n’est pas tellement vérifiable. Nous avons toutes commis l’erreur de confondre éjaculation et jouissance. Je pense qu’un homme sur 100’000 atteint à l’orgasme et encore, mais ils sont tous capables de balancer la purée. On a confondu cette détente brève, chaude et propulseuse de sperme avec le plaisir sexuel absolu. Les pauvres! Ils ne peuvent faire autrement, c’est biologiquement brutal leur détente, ils ne la contrôlent jamais et de plus, je me suis laissé dire qu’ils peuvent connaître des orgasmes “froids” ou même douloureux, en tous les cas, ça ne dure pas. On connaît ce problème, ça se nomme la dysharmonie temporelle entre nos deux races. En y repensant je me suis dit que c’était trop injuste et qu’il devait logiquement y avoir un rapport entre cette infirmité masculine et ce qu’on a nommé le génie masculin. Un rapport ou même une compensation car, enfin, il n’y a aucune raison que le meilleur ne soit réservé qu’aux femmes! Les mecs, l’histoire nous le montre, sont capables du pire, très rarement, du meilleur. Une réponse à cette interrogation réside à mon avis dans un facteur statistique. Les hommes sont par essence discontinus, erratiques, imprévisibles. Il y a un petit facteur random dans le gène masculin. Nous autres les filles sommes stables, sûres, l’essence même d’une certitude de l’être. Nous avons appris à reconnaître ces qualités en nous, après Evène. Rien à voir avec le féminisme d’antan. Bon… je vous décris les femmes d’après Evène comme j’ai envie qu’elles soient, je l’admets. Je sais bien que notre société n’a pas été épurée par les événements, il aurait fallu une table rase, il aurait fallu aller jusqu’au bout et je ne serais pas là pour vous raconter tout ça. Il est vrai que dans mon travail, dans l’univers de PodSex je suis une atypique. La fille qui jouit en permanence, la sexuelle omnivore, je suis rare! Pourquoi? Aucune idée. Vous serez surpris de mon audace, je suis certaine que d’une manière ou d’une autre je vais contribuer à ce changement qui n’a pu s’opérer. Il y a des énergies autour de moi, j’arriverai bien à les rassembler. Et plus prosaïquement, dès que tout ça sera tassé, je vous garantis que je vais me faire une super-fête et que je baiserai le monde entier. À commencer par mon divin copain, s’il arrête de rajeunir, histoire de ne pas tomber dans la pédiophilie… Je commence à comprendre ses intentions: il veut me faire visiter une collection de situations typiques d’avant les événements. Pourquoi moi? C’est probablement en rapport avec cette énergie dont je déborde, avec cette boule de désir lumineuse que je sens grandir en moi. Si ça continue je serai son prochain Big Bang (laissez-moi rire, cette vieille théorie est tombée en disgrâce depuis longtemps). En tous les cas une chose me paraît certaine. Il va me renvoyer du côté de chez Des Ombres. Ça pourra me plaire.

S’il ne fait pas de musique…





Table des matières


Table des matières

Préface de l’auteur: 7

(Quelques bonnes nouvelles…)

Mélissa mission 11

(Prélude)

En descendant Denfert 15

(Rencontre du deuxième type, Fugue)

Imprécis de géographie urbaine 19

(Incise)

Que faire avant de mourir? 23

(Bavardages de Mélissa…)

Retour vers d’ALEVE 27

(Les voyages de Mélissa, II)

La voix des Ombres 31

Fraude première

Online Chrono Facts 33

(Récitatif)

Le Village 37

Une fille fatale ne peut résulter que de
l’addition d’un corps parfait et d’une vive intelligence
(Les voyages de Mélissa III)

Dieu était hyperbaisable! 43

(Andante amoroso)

Une Nuit transfigurée 49

(Le compositeur)

La loterie de Safran 53

(Les voyages de Mélissa IV, Allegro vivace)

Cette terre de discipline et de penseurs 61

(Genève aurait eu vite fait de l’étouffer)

Variances de la Teuclitop 65

(Incise)

Niki, Cameron, le squale et moi! 67

Les voyages de Mélissa IVb
(Furioso y amoroso)

On ne gouverne pas avec des peut-être 77

Le Pouvoir
(scherzo)

Las Estrellas de los tres Picos 81

(Les voyages de Mélissa V: Largo)

Les Profondeurs de la Terre 89

(Le compositeur)

Je vous dois des excuses! 93

(Bavardages de Mélissa…)

La traque théologique 97

Les souvenirs de Dieu
(A piacere
!)

Où sont les hommes? 105

(Bavardages de Mélissa qui se lâche…)

Maria, le hasard et la Présidence 113

Rock Opera on mer Egée!
(Suite allemande…)

Avec de noirs parfums! 119

Le voyant
(cadence)

Histoire de mes Strings 121

(Bavardages de Mélissa… Allegretto)

L’Intertextu(Elle) 125

Un homme en marge

Die Wandlung 129

(Le compositeur)

Tu ressembles à un
écoulement turbulent 135

(Les souvenirs de Dieu, maestoso)

Tu veux mon portrait? 141

(Bavardages de Mélissa, face cachée de sa lune)

Des Ombres et le Chaos 147

(La musique n’était en somme que la belle émergence de cette protestation dérisoire de l’humanité devant la mort)

Mélissa se rebiffe 151

(Bavardages de Mélissa… Récitatif)

Le Roy Arthur 155

(Incise, largo)

De la masculinité 157

Bavardages de Mélissa… : Pertinent/Impertinent,
(Scherzo)

Le grand synthétiseur 161

D’où venez-vous? fut tout ce qu’il trouva à lui dire.
- De ton futur
! sourit-elle, on va se tutoyer, tu sais!
(Tempo Rubato)

Romance 167

So romantic!
(Adagio)

De quoi faire foirer ce bouquin 173

(Romance et réaction: les imbéciles heureux)

La fille de l’autre côté du fleuve 179

(Romance, doutes)

La révolution peut-être… 185

(Pouvoir, solitude)

Du bon usage de la pieuvre 189

(Romance et bibliothèques)

Je m’appelle Sally Willard 193

(Les voyages de Mélissa VI: Rechute)

Il faut engueuler le soldat Dieu 203

(Récital)

Soli(psismes)! 209

(Une chute dans la lumière)

L’Instance! 213

Il va falloir jouer cartes sur table…

Dans lequel la Teuclitop déborde 217
et attaque la cul(ture) 217

Fantaisie stricte

La frappe Hannelore 223

Destruction des valeurs féminines
(Les voyages de Mélissa VI
b)

Tout est dans la lumière. 231

(Dieu: Trop c’est trop!)

FEDEX 237

Les voyages de Mélissa VIc: Emballez c’est pesé!

L’œuvre au noir 241

l’Amérique venait d’assassiner pour la première fois la culture occidentale
dans ce qu’elle avait de plus précieux

Mikro Céphalée 245

Les voyages de Mélissa VII: un concile de tyrannosaures eut été plus tendre

Monades II 251

Ils ne savaient pas de quoi ils parlaient

Il y a des limites à ce qu’une femme 255
peut obtenir d’un gadget 255

Facile à tuer. Impossible à détruire
(Les voyages de Mélissa VII
b)

J’espère quand même 261
que tu ne me confonds pas avec Marie
! 261

l’impossible fiancé à l’admirable

Sur la route de Memphis 269

Les mecs, de temps à autre, c’est pas si mal.

Il suffisait d’y penser 273

Grand gamin vaniteux!

La tempête des âmes 279

(Dante ne serait rien sans Doré…)

Back to PodSex 283

Quand on s’aime!
(Voyages de Mélissa VIII
)

Trrrango Durango 289

Tu veux vraiment manger une fondue en plein été????

Le douzième évangile 297

(Le lieu et la formule, c’était maintenant)

Annexes 307
Quatrième de couverture 325